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Pourquoi le Contrôle technique va coûter plus cher en 2018

Rédigé le Samedi 5 Août 2017 à 01:59 | Lu 58 fois


Le Contrôle technique se durcit. En cas de défaut très grave, vous n'aurez plus que 24 heures pour faire réparer, sous peine d'interdiction de circuler. Explications.



Plus que 24 heures pour faire réparer.

Vous avez bien lu : le délai de deux mois accordé à l'issue d'une contre-visite va passer au mois de mai 2018 à vingt-quatre heures. Deux tours d'horloge seulement pour trouver où faire réparer votre véhicule. Au-delà, il sera frappé d'une interdiction totale de circuler.

Qu'on se rassure, cette sévérité se limite à une liste de défauts "critiques", présentant un réel danger pour la sécurité des personnes et pour l'environnement. Ce qui paraît difficile à avaler, en revanche, est la brièveté du délai accordé avant la contre-visite : 24 heures seulement, durant lesquelles le véhicule n'est autorisé à circuler que pour se rendre chez le garagiste, qu'on aura eu la chance de trouver au pied levé. Dur.
Vers un Contrôle technique unique en Europe

En 2011, la Commission de Bruxelles s'est donné pour objectif de réduire de moitié, par rapport à 2010, le nombre de tués sur les routes de l'Union européenne à l’horizon 2020. Ambitieux. Tellement que les États-membres de l'Est ont joué la montre : pas question pour les gouvernements polonais ou bulgare de risquer mettre au rebut des centaines de milliers de véhicules en adoptant brusquement un Contrôle technique (CT) au niveau des exigences allemandes et françaises.

Après trois longues années de négociations, le compromis adopté a donné lieu à la rédaction de la directive européenne numéro 2014/45, publiée le 3 avril 2014. Un texte qui s'impose avec moins de force aux États-membres que le règlement communautaire auquel Bruxelles voulait avoir recours. Cette subtilité juridique laisse aux États-membres au niveau de vie le lus plus faible un peu de cette latitude qu'ils réclamaient dans l'application des nouvelles règles.

Le CT passe de 124 à 400 points de contrôle

Il faudra donc patienter quelques années avant de voir se concrétiser le rêve de Bruxelles de voir s'harmoniser les exigences du Contrôle technique unique à toute l'Union. La France, elle, a choisi de jouer le jeu et de renforcer très sensiblement son Contrôle technique. De 124 points de contrôle aujourd'hui, cet examen devrait passer à 400 points à compter du mois de mai 2018.

La facture s'en ressentira, fatalement. La Fédération nationale de l'Artisanat automobile (FNAA) et la branche Contrôle technique du CNPA (Conseil national des Professions de l'Automobile) ne se risquent pas à chiffrer l'augmentation d'un examen facturé entre 50 et 80 euros à l'heure actuelle. Les plus pessimistes s'attendent à un prix doublé, au regard de l'allongement de la durée de l'examen et des responsabilités accrues qu'assument les professionnels.
"Il faut bien avoir conscience que le prix varie déjà en fonction des charges qui pèsent sur chaque centre, de l'intensité de la concurrence à proximité, etc.", rappelle Nicolas Bouvier, Directeur général de Dekra Automotive. Le prix va devoir augmenter et prendre en compte.

Immobilisation sous 24 h en cas de défaut critique

Le plus dur à avaler est sans doute la nouvelle disposition qui prévoit l’immobilisation immédiate du véhicule en cas de défaillance technique considérée comme critique. Le texte la prévoit pour tout défaut "constituant un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence sur l'environnement".
Le qualificatif de critique est défini par une liste de 146 défauts jugés intolérables, dont certains se confondent avec les 203 défauts qui motivent aujourd'hui une contre-visite.

On relève quelques exemples dans le Journal officiel de l'Union européenne : pression insuffisante dans le système de freinage, dommage externe sur le circuit de freinage, fuite de liquide de frein, fuite d'air sur l'assistance de freinage, bocal trop sale pour laisser voir le niveau de liquide de frein, câblage électrique risquant de toucher des pièces chaudes ou en mouvement, profondeur des sculptures du pneu non conforme, corrosion du châssis diminuant sa résistance, chute probable de pièces du pare-chocs ou des protections latérales, porte qui ferme mal, siège mal fixé, serrure qui se bloque inopinément, silencieux qui risque de tomber, formation continue de gouttelettes de liquide autre que l'eau. On le voit, il s'agit là d'exigences raisonnables.

Une réelle utilité pour lutter contre l'insécurité routière ?

Reste à mesurer la portée d'un tel renforcement du Contrôle technique sur le nombre de blessés et de tués sur les routes. De nombreuses études prouvent que le critère de l'état mécanique du véhicule de tourisme arrive loin dans les causes d'accidents derrière ceux du comportement du conducteur et de l'état des infrastructures.
Au final, il sera peut-être difficile pour les automobilistes d'avaler la pilule d'un CT renforcé, après celle de la vignette CRIT'Air qui confine au garage en journée et durant la semaine des véhicules anciens, mais parfaitement entretenus. Ce sont encore les porte-monnaie les plus modestes qui en souffrent.

Plus coûteux, le CT sert aussi à protéger l'environnement

L'examen du Contrôle technique ne sert pas seulement à vérifier le niveau de sécurités des véhicules : il concourt aussi à limiter la pollution de l'air et des sols. En traquant les fuites de lubrifiant et de liquide de frein, mais aussi en mesurant l'opacité des fumées (taux de particules) et les quantités de gaz polluants.

Le nouvel examen du Contrôle technique incorporera à compter du mois de mai 2018 le fameux contrôle "5-gaz", capable de quantifier le niveau d'émission de particules et d'oxydes d'azote (NOx). L'ambition du gouvernement est de se doter des moyens de lutter efficacement contre la suppression du filtre à particules (FAP), véritable fléau en passe d'accéder au rang de sport national. Mais le coût élevé de ces analyseurs "5-gaz" va peser sur la facture du Contrôle technique.
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"À l'heure actuelle, les véhicules Diesel sont soumis tous les deux ans à un test qui mesure l'opacité des fumées à l'échappement. Mais les exigences sont si peu élevées qu'un moteur Diesel récent et en bon état peut passer le test haut la main même sans son filtre à particules", déplore Geoffrey Michalak, Directeur général adjoint Stratégie, Technique, QSE et Méthodes chez Dekra Automotive qui assure près de 25 % des Contrôles techniques en France. "Il faut une vanne EGR de recirculation des gaz défaillante ou bien une grosse anomalie de ce genre pour échouer au test de l'opacimètre." De la sorte, une proportion croissante de véhicules récents circule en toute impunité sans leur filtre à particules — qui ne fut rendu obligatoire qu'en 2011 par la norme Euro 5.

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