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Maison connectée : Faites le tri entre l'utile... Et le gadget

Rédigé le Dimanche 10 Septembre 2017 à 02:42 | Lu 98 fois


Améliorer la gestion du quotidien, surveiller sa maison… Avec les objets intelligents, tout peut chez vous se faire à partir d’un smartphone.



Un capteur planté dans un pot de fleurs qui mesure les besoins de la plante et alerte son propriétaire sur son smartphone, une station météo qui évalue la qualité de l’air dans la maison, un four qui envoie des SMS. Bienvenue dans la maison connectée ! Le fantasme de la "smart home", où l’ensemble de nos appareils électroménagers devanceraient le moindre de nos désirs, n’a rien de nouveau. Dans la fameuse trilogie de Robert Zemeckis Retour vers le futur, sortie dans les années 1980, Marty McFly, le héros, se retrouvait déjà propulsé en 2015 dans une maison futuriste où les lumières s’allumaient dès qu’elles détectaient un nouvel arrivant dans la pièce et où les appareils électriques se contrôlaient par la voix.

Grâce à la révolution Internet et au développement exponentiel des réseaux de communication, cette vision futuriste est, peu à peu, devenue une réalité bien concrète. Le marché de la maison intelligente suscite la convoitise d’une multitude d’acteurs (géants de l’Internet, grands groupes d’électronique, opérateurs télécoms, start-up), tous désireux de se positionner dans ce qui se présente comme un futur eldorado.

"Les révolutions technologiques apparaissent tous les vingt ans. Dans les années 1970-1980, ce fut la révolution de l’ordinateur personnel, puis celle de la téléphonie mobile dans les années 1990-2000. Nous arrivons dans celle de la maison connectée", explique Alain Molinié, le fondateur d’AwoX, une entreprise montpelliéraine qui commercialise des ampoules intelligentes intégrant des caméras de surveillance, des diffuseurs de parfums d’intérieur ou encore des enceintes pour écouter de la musique.

En 2022, 500 objets connectés dans la maison

Selon le cabinet suédois Berg Insight, en 2020, l’Europe comptera 45 millions de maisons de ce type, soit près de quatre fois plus qu’en 2015. "D’ici trois ans, près de 50 milliards d’objets dans le monde devraient être connectés. D’ici à 2022, une maison "classique" devrait en intégrer plus de 500", explique Séverine Dumont, directrice de Joshfire, une agence conseil en innovation spécialisée dans les objets intelligents. "Le taux de pénétration de ce marché est encore faible, de l’ordre de 2 à 3%, mais, d’ici cinq à dix ans, toute la maison sera connectée. Nous n’en sommes qu’aux débuts", confirme Alain Molinié. Apparu dans les années 1970 et longtemps resté confidentiel, le concept de domotique se traduit par la convergence de tous les équipements installés dans un habitat (luminaires, chauffage, volets roulants…), à laquelle s’ajoute l’ensemble des objets connectés susceptibles d’interagir avec la maison ou son propriétaire.

Ils veillent à votre santé ou à vos repas

L’objectif de la domotique ? Simplifier la vie du foyer. Régler au degré près la température d’une chambre, adapter une luminosité aux moments de la journée, être alerté en cas d’intrusion grâce à des détecteurs de mouvements ou d’ouverture. Il n’existe guère d’objets du quotidien échappant à cette folie de la connectivité. Le célèbre fabricant de brosses à dents électriques Oral-B a ainsi sorti l’an dernier une brosse à dents Genius Bluetooth, qui intègre des captures de position et de la reconnaissance faciale (via la caméra de votre smartphone ventousé sur le miroir de votre salle de bains) afin de vérifier la qualité de votre brossage. Toujours dans la salle de bains, un pèse-personne (telle la balance Withings, de la société française Withings) suit attentivement l’évolution de votre poids et votre composition corporelle. Un premier pas vers une cure minceur ?

Si ces gadgets utiles facilitent la vie, ils améliorent également la gestion du quotidien. Les réfrigérateurs nouvelle génération sont ainsi dotés d’écrans tactiles informant de la péremption des aliments ou des ingrédients manquants pour une recette. Pourquoi ne pas envisager de concevoir un réfrigérateur qui adresserait automatiquement un SMS d’alerte à un proche s’il n’a pas été ouvert pendant vingt-quatre heures ?

La maison connectée peut donc représenter un progrès salutaire pour les personnes fragiles, handicapées ou vieillissantes. Enfin, si la "smart home" peut apporter du confort, elle permet par ailleurs de renforcer sa sécurité. Grâce aux détecteurs de présence intégrés dans les caméras IP, des alertes sont envoyées systématiquement sur le smartphone du propriétaire en cas d’intrusion. La domotique permet également de programmer des lumières afin de simuler une présence dans l’habitat et ainsi décourager les cambrioleurs.

Les assistants virtuels ont connu un développement fulgurant ces dernières années. De quoi s’agit-il ? D’appareils aux allures d’enceintes qui permettent de contrôler tous les objets connectés de la maison par la voix. Le plus connu, pour le moment, est l’Echo d’Amazon. Mais le groupe d’e-commerce n’est pas le seul à avoir investi dans les interfaces vocales. Profitant des progrès de l’intelligence artificielle, Google, Apple, Facebook, Microsoft et autres, s’y sont eux aussi engouffrés. En 2011, Apple faisait figure de précurseur avec Siri avant qu’Amazon ne réplique avec Alexa (2014), puis Microsoft avec Cortana (2016) et Google, dans la foulée, avec son Google Home. Il y a quelques semaines, le géant californien a ajouté une fonctionnalité à son assistant virtuel. Ce dernier peut désormais commander à la voix des produits chez des commerçants partenaires du service de livraison rapide Google Express.

Un réel besoin mais des prix encore élevés

Mais comment intégrer les installations de la maison dans un même réseau sans que cela nécessite des travaux entre les interrupteurs ? La start-up francilienne Netatmo a imaginé en partenariat avec Legrand, le spécialiste des infrastructures électriques, un système qui a été récompensé au concours CES 2017 dans les catégories Smart Home et Appareils électroménagers. La solution Céliane with Netatmo sera déployée fin 2017 et permettra de piloter l’ensemble de la maison depuis une même télécommande, avec la possibilité de créer des scénarios : l’ouverture de la porte d’entrée déclenchera celle des volets roulants, allumer la télé déclenchera une lumière tamisée dans le salon…

Netatmo s’est également allié avec Velux, leader mondial de la fenêtre de toit, pour développer une gamme de fenêtres dotées de capteurs. Grâce à ce dispositif, la fenêtre pourra fermer les volets si elle devient trop chaude ou s’ouvrir si vous venez de prendre une douche. Ces fenêtres connectées seront lancées sur le marché lors de la seconde moitié de cette année.

Reste le coût. Si, selon une enquête OpinionWay réalisée en avril dernier lors du salon Distree#Connect (distribution des objets connectés), 53% des personnes interrogées estiment que ces objets répondent à un réel besoin, 46% s’inquiètent de leurs prix trop élevés. Ainsi le réfrigérateur Family Hub 2.0 de Samsung, qui permet entre autres de contrôler à distance son contenu ou d’être alerté des dates de péremption des produits, devrait être commercialisé en France au second semestre 2017 au prix dissuasif de… 6.000 euros."Le coût de ces produits à l’achat, avec l’installation et le montant de l’abonnement mensuel aux services qui y sont liés, demeure encore un frein pour les ménages", explique Séverine Dumont.

Comment s'équiper au meilleur prix et sans mauvaise surprise ?

Principal frein soulevé par les consommateurs pour s’équiper en domotique ou connecter leur logement : le coût des équipements, qui reste encore élevé. Aussi, avant de se lancer, il est pertinent de bien définir ses besoins. Si prévoir des installations au moment de la construction ou de la rénovation de son logement permet d’obtenir un système particulièrement abouti, il est également possible de connecter un logement existant. En moyenne, comptez environ 1.200 euros d’équipement pour une gestion de base : chauffage, lumière, volets roulants et systèmes de surveillance. Ce prix comprend l’achat d’une box qui centralise les commandes, mais aussi un thermostat, des interrupteurs intelligents ou des détecteurs de présence. A ce montant, il faut ajouter le prix des objets connectés et prendre en compte les frais d’installation lors de l’intervention d’un professionnel.

Si vous savez gérer un tableau électrique, vous pouvez vous débrouiller tout seul pour l’installation. Pour des installations plus sophistiquées (programmation de la box, par exemple), faites appel à des professionnels qui vous proposeront des contrats de maintenance annuelle. Quelle box domotique choisir parmi la douzaine de modèles présents sur le marché ? Optez pour l’entrée de gamme, qui vous permettra de gérer vos lumières et la sécurité de votre logement. Si vous souhaitez un système plus élaboré, choisissez une box aux capacités élargies (entre 200 et 400 euros).

Mais l’engouement des grandes marques d’électroménager pour ces produits est tel qu’ils devraient se démocratiser rapidement. Avec un équipement approprié, les propriétaires d’un logement connecté peuvent en effet réduire jusqu’à 25% le montant de leur facture énergétique. Un système intelligent peut ainsi éteindre les lumières ou les objets en veille pour économiser de l’électricité. L’autre grande réticence des usagers à l’adoption de ces objets connectés tient à la préservation de la vie privée. Les consommateurs demeurent méfiants quant à l’utilisation qui peut être faite des données collectées par ces appareils qui enregistrent tout de leurs habitudes quotidiennes (consommation énergétique, horaires de bureau, nombre de personnes vivant sous votre toit).

Il y a quelques mois, un hacker qui se fait appeler Stackoverflowin a mis la main sur un parc de plus de 150.000 imprimantes sur lesquelles il a déclenché à distance des im pressions à caractère humoristique afin de sensibiliser au danger représenté par les objets connectés en termes de sécurité informatique. "Le Canada a fait bouger les choses depuis 2015 avec le Privacy by Design, qui implique de prendre en compte le respect de la vie privée dès la conception d’une application, d’une solution ou d’un objet connecté", explique Séverine Dumont.

capital.fr


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